Pearson

FAQ "NOUVELLE VERSION DE L'ECHELLE D'INTELLIGENCE DE WECHSLER POUR ADULTES - QUATRIEME EDITION"

  1. Pourquoi est-il important de passer de la WAIS-III à la WAIS-IV ?
  2. Quels sont les principaux changements entre la WAIS-III et la WAIS-IV ?
  3. Qu’est-ce que le QIT ?
  4. Peut-on prendre en compte le QIT malgré les différences inter-indices ?
  5. Comment interpréter les différences entre indices (ex : IRP significativement inférieur à ICV) ?
  6. Quel choix d’épreuves obligatoires ?
  7. Que calcule le CD-ROM de correction ?
  8. Qu’est-ce que l’IAG ?
  9. Pourquoi certaines épreuves ne sont pas proposées après un certain âge ?



Pourquoi est-il important de passer de la WAIS-III à la WAIS-IV ?

Le Code de déontologie des Psychologues précise que le psychologue est responsable du choix de ses outils, et qu’il a le devoir d’utiliser des tests d’évaluation actualisés régulièrement (article 18 du chapitre 3 « Les modalités techniques de l’exercice professionnel »).

Les outils d’évaluation du fonctionnement intellectuel nécessitent tout particulièrement des révisions régulières (tous les 10 ans environ), qui portent sur 3 axes principaux :
- L’actualisation des normes, du fait des changements naturels au sein de la population (démographie, culture, éducation…).
- La mise à jour des normes, du fait de l’effet Flynn qui a mis en évidence une augmentation de 0.3 point de QI tous les ans.
- L’intégration des apports théoriques récents, ici sur l’intelligence.

L’édition d’un nouvel outil est également l’occasion de proposer aux praticiens du matériel plus ergonomique pour faciliter l’administration du test.
 



Quels sont les principaux changements entre la WAIS-III et la WAIS-IV ?

La WAIS-IV s’inscrit à la fois dans la continuité des échelles de Wechsler (le concept d’intelligence globale est toujours représenté par le QIT) et dans la nouveauté d’une importante révision (initiée avec le WISC-IV) : quatre indices sont proposés, plusieurs  nouveaux subtests ont été retenus alors que d’autres, moins congruents avec les modèles actuels de l’intelligence, ont été abandonnés.
Des notes additionnelles permettent de détailler davantage le profil du sujet.
Suite à l’évolution des modèles théoriques de l’intelligence, la dichotomie des échelles verbale et performance de la WAIS-III a été supprimée, au profit de la configuration en 4 indices :
- Indice de Compréhension Verbale (ICV)
- Indice de Raisonnement Perceptif (IRP)
- Indice de Vitesse de Traitement (IVT)
- Indice de Mémoire de Travail (IMT)

Ces 4 indices sont calculés à partir de 10 subtests principaux. Ensuite, 5 subtests complémentaires permettent d’enrichir la compréhension du fonctionnement intellectuel ou de palier à l’impossibilité d’administrer – ou de prendre en compte – l’un des subtests principaux pour des raisons diverses (problèmes lors de la passation, sous-évaluation du fait d’un déficit instrumental).

Enfin la WAIS-IV fait l’objet d’importantes améliorations psychométriques : meilleures validité et fidélité, nombreux items d’apprentissage, réductions des effets plancher et plafond…

12 subtests sont repris de la WAIS-III :
Cubes, Similitudes, Mémoire des Chiffres, Matrices, Vocabulaire, Arithmétique, Symboles, Information, Code, Séquence Lettres-Chiffres, Compréhension et Complètement d’images.
Certains items de ces épreuves ont été modifiés ou ajoutés, et une troisième sous partie a été ajoutée à l’épreuve Mémoire des Chiffres : classement des séries de chiffres par ordre croissant.

3 nouveaux subtests ont été introduits : Puzzles visuels, Balance et Barrage.
Puzzles visuels : Le sujet voit un puzzle terminé sur le Livre de stimuli. Il doit sélectionner, parmi six possibilités de réponse, les trois pièces de puzzle qui permettent de reconstituer le puzzle complet.

Balance : Le sujet voit sur le Livre de stimuli une balance à plateaux. Il doit sélectionner, parmi cinq possibilités de réponses et dans un temps limité, le poids manquant qui va permettre d’équilibrer les plateaux.

Barrage : Le sujet doit barrer 2 formes géométriques cibles en un temps limité et en respectant les couleurs de ces formes.

 



Qu’est-ce que le QIT ?

Le Quotient Intellectuel Total (QIT) n’est pas la moyenne des notes obtenues à chaque indice. En effet, il existe d’une part un étalonnage pour chaque indice (correspondant à la somme des notes standard aux subtests principaux de l’indice), et d’autre part, pour le QIT, un étalonnage spécifique.
Pour calculer le QIT, s’il est valide (ce qui n’est pas le cas pour les profils hétérogènes), le psychologue fait la somme des notes standard obtenues aux subtests principaux puis se reporte à un tableau de conversion (en annexe du manuel d’administration et de cotation, table A.7).
Ainsi, à titre d’exemple, si la somme des notes standard d’un profil est de 90, la  note de QIT est 92, avec un rang percentile de 30 - signifiant que 30% des sujets obtiennent une telle note ou une note inférieure. Il se situe donc dans les 30% des individus les plus en difficulté.

Le QIT suit une répartition statistique dite normale (elle suit une courbe de Gauss) avec pour moyenne 100 et pour écart-type 15. Il est important de considérer le QIT pour ce qu’il est, à savoir une note attribuée à un fonctionnement cognitif dans un contexte particulier. Il n’est pas la mesure exacte de l’intelligence mais plus un indicateur de la qualité du fonctionnement cognitif d’un individu spécifique.
 



Peut-on prendre en compte le QIT malgré les différences inter-indices ?

D’un point de vue psychométrique, le QIT repose sur 10 subtests, répartis au sein de 4 indices. Plus le profil des notes est hétérogène et moins la note du QIT est représentative du fonctionnement cognitif.
A la page 2 du cahier de passation, le tableau « Comparaison des différences » permet de déterminer si la différence entre deux indices est significative, ainsi que le pourcentage d’individus présentant une différence similaire.

Dans tous les cas, pour analyser les résultats, le clinicien s’appuie sur :
- les compétences spécifiques mises en évidence par les 4 indices,
- les notes standard obtenues à chacun des subtests (principaux et complémentaires), dans une démarche d’analyse intra-individuelle,
- la répartitions des différentes notes par rapport à la norme, dans une démarche d’analyse inter-individuelle,
- l’analyse des forces et faiblesses au sein du profil des résultats,
- son expérience clinique et ses observations qualitatives.

Enfin, à partir de quelle différence le QIT n’est-il plus représentatif ? Le manuel ne donnant pas de chiffre précis à ce sujet, nous invitons le clinicien à utiliser le taux observé pour décider de la représentativité du QIT. On peut considérer, par exemple, qu’une différence présente chez 20% des sujets est suffisamment fréquente pour permettre de considérer le QIT comme pertinent, alors qu’une différence présente chez 10% de la population ou moins rend la note du QIT moins révélatrice du fonctionnement cognitif général et, de ce fait, moins pertinente.
 



Comment interpréter les différences entre indices (ex : IRP significativement inférieur à ICV) ?

Les hypothèses interprétatives varient selon le profil des sujets et l’analyse qualitative qui est faite des résultats.
Différents niveaux de lecture des résultats sont à prendre en compte :
- Le niveau global (QIT),
- Les niveaux spécifiques (Indices),
- Les notes standard à chacun des subtests (principaux et complémentaires),
- Un niveau d’analyse intra-individuel : cette note est-elle supérieure/inférieure aux autres notes obtenues par le sujet ?
- Un niveau inter-individuel : cette note est-elle dans la norme des sujets du même âge ?
- Les points forts et les points faibles (répartitions des notes standard par rapport à la   moyenne du sujet dans chaque domaine, comme présenté dans le tableau page 2 du cahier de passation),
- Les notes additionnelles (l’impact du temps sur la réussite à Cube, la différence entre les performances à Mémoire des chiffres à l’endroit ou à l’envers etc., comme présenté dans le tableau au verso du cahier de passation).

Il est nécessaire pour l’interprétation de s’interroger sur les dimensions spécifiques évaluées par chaque indice (ex : sur quoi repose le subtest Compréhension Verbale ? Les capacités langagières, l’élaboration du raisonnement verbal…). Le clinicien dispose d’un descriptif des indices dans le manuel d’interprétation aux pages 12-17.



Quel choix d’épreuves obligatoires ?

Les 10 premiers subtests sont ceux qu’il est nécessaire d’administrer afin de pouvoir chiffrer des résultats d’une passation (scores d’indices et score global). Les 5 autres subtests ont été élaborés pour permettre une meilleure appréciation qualitative, rendre possible une substitution d’épreuves en situation de retest, ou pallier à une erreur ou à une impossibilité au moment de l’administration (en cas de déficit physique ou sensoriel chez la personne évaluée, ou bien lorsque de trop nombreuses non-réponses invalident un subtest par exemple).
Il est possible de substituer la note du subtest supplémentaire à celle du subtest principal afin de calculer les indices. Cependant, une seule substitution est possible pour chaque indice et il ne vous est pas possible de calculer le QIT ou l’IAG lorsque vous avez procédé à plus de 2 substitutions en tout (manuel p. 27).
 



Que calcule le CD-ROM de correction ?

Ce CD-rom de correction effectue les standardisations et les calculs des pages 1 et 2 du Cahier de passation, une fois que vous avez saisi les notes brutes du sujet, sa date de naissance et la date de passation.
Il calcule donc les notes standards, les notes d’indice, les intervalles de confiance, le QIT et l’IAG, il trace les profils (points forts/faibles), les scatters et les différences  inter-indices.
Si vous les saisissez, le CD-rom calcule également des scores standardisés additionnels (scores Mémoire des Chiffres direct/ indirect/ croissant, empans à Mémoire des Chiffres et à Séquence Lettres-Chiffres, Cubes sans bonification de temps).
Vous pouvez choisir, avant de visualiser le rapport, à quel seuil de significativité vous souhaitez que les résultats soient rapportés, ainsi que l’échantillon de comparaison (soit l’échantillon total soit le groupe de référence).
Le CD-rom permet donc de gagner du temps au niveau de la correction et évite d’éventuelles erreurs de standardisation des notes ou de tracé au niveau des graphiques.

Ce CD-rom peut-être installé sur deux postes (hors Mac) et donne accès à un nombre illimité de corrections.
 



Qu’est-ce que l’IAG ?

L’IAG est une note composite optionnelle, calculée à partir de la note standard des trois subtests obligatoires de Compréhension Verbale et des trois subtests obligatoires de Raisonnement Perceptif. Cela permet d’obtenir une note globale moins sensible à la mémoire de travail et à la vitesse de traitement que le QIT. Son calcul est recommandé pour les patients souffrant d’atteintes neuropsychologiques affectant la mémoire ou le temps de réponse.



Pourquoi certaines épreuves ne sont pas proposées après un certain âge ?

Les subtests Barrage (IVT), Séquence Lettres-Chiffres (IMT) et Balances (IRP) ne sont pas proposés aux personnes âgées de plus de 70 ans du fait d’un effet plancher. En effet, autant les étalonnages américains que français ont mis en évidence un tassement vers le bas des résultats obtenus par cette population, entraînant des notes globalement basses et, de ce fait, non discriminantes. Ceci permet aussi à la passation de ne mettre les sujets en difficulté mais de constituer évaluation précise et adaptée aux facultés de chacun.

Un indice permettant d’évaluer la détérioration mentale, utilisé auprès des sujets âgés ou présentant un trouble de la personnalité, est en cours d’élaboration.